Je marchais malgré moi dans les pas du diable – Dorothée Piatek

Publié le par Mona

 

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« Je m’appelais François Cellier.

Aujourd’hui, mon nom est Frantz Weinkeller.

Je devrais même dire : « Ich bin Frantz Weinkeller. »


Ce roman traite des « Malgré nous », ces jeunes alsaciens qui furent enrôlés de force dans l’armée hitlérienne pour se battre contre leurs compatriotes français.


François Cellier a 15 ans. Il vit à Strasbourg, avec ses parents et son frère Jean âgé de 18 ans. Sa vie est rythmée entre les journées à la boulangerie familiale et ses escapades avec son ami Charles.


En 1939, il apprend l’invasion de la Pologne par l’armée nazie. Par mesure de précaution, le gouvernement français impose l’évacuation des habitants des Alsaciens vers Périgueux. Commence alors un étrange périple, auquel personne n’était préparé, ni du côté des réfugiés, ni du côté des accueillants. François et sa famille se retrouvent hébergés sommairement dans une région qu’ils ne connaissent pas, loin de leur ville chérie, loin de leur patois local. Ils commencent à compter les jours, les semaines puis les mois avant la libération de leur région.


Puis un jour la France capitule, l’Allemagne envahit la France. L’Alsace et la Lorraine sont annexées au Reich, devenant des provinces allemandes et non plus françaises. Les Alsaciens sont sommés de revenir chez eux, un chez eux qui ne l’est plus vraiment, mais est-ce pire que l’hébergement temporaire qu’ils subissent dans le Sud de la France ? La plupart décident de rentrer, dont la famille de François.


Au retour, c’est le choc. Strasbourg n’est plus la ville que François connaissait. Elle est « décorée » de drapeaux nazis d’un rouge vif criant, la tension est forte, la peur est constante. Tout ce qui rappelle de près ou de loin à la culture française est occulté, effacé, transformé. Ainsi les noms de famille trop français sont transformés. Les jeunes comme François subissent l’embrigadement dans les Jeunesse hitlériennes, sous peine de répression. Au terme de leur formation ils devront intégrer l’armée allemande, se battre contre leurs compatriotes français. Ceux qui ne se plient pas à ces règles sont sévèrement punis, ainsi que leurs familles.


François doit alors faire un choix crucial : doit-il tenter de s’échapper pour rejoindre les combattants de la Résistance et ainsi se battre pour les causes qui sont les siennes, en mettant en danger ses parents ? Ou doit-il se faire passer pour un parfait petit soldat nazi, afin de protéger ses parents des représailles ?


Ce choix a été celui de milliers de jeunes alsaciens, estimés à 130 000. Ils ont dû non seulement se battre contre leurs compatriotes, pour des idées qui n’étaient pas les leurs, mais à leur retour en Alsace la plupart ont subi l’hostilité de leurs compatriotes les accusant de complaisance envers le régime Nazi.

Ce roman, très documenté, est très intéressant. Il traite d’un sujet qui n’est pas très connu, du point de vue d’un de ces « malgré nous ». On essaie de se mettre dans la peau d’un de ces jeunes, on comprend le dilemme qu’ils ont dû subir. Ce roman est adapté à un lectorat adolescent et adulte bien sûr. A faire circuler le plus largement possible !


Un grand merci à Emmyne pour ce livre voyageur très enrichissant :)

 


Je marchais malgré moi dans les pas du diable – Dorothée Piatek

Editions Petit à Petit, 2006, 176 p.

ISBN: 978-2-84949-016-17

Publié dans Littérature jeunesse

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emmyne 01/09/2011 22:03


Meci à toi pour ce beau billet !


Mona 07/09/2011 21:31



Et merci à toi pour ta visite !