Le cirque chaviré – Milena Magnani

Publié le par Mona

 

Le cirque chavire - Milena Magnani    

"C’est donc ainsi que la nuit était faite. Parfois seulement, on parvenait à voir les formes de la lune. Moi j’ignorais si ces formes avaient des noms, mais Senija en avait forgé pour elles. Quand elle était pleine, c’était la Montgolfière, la Montgolfière pour le Mont Negoiu, quand elle était décroissante, c’était la Balançoire des enfants de Târgu, et quand on ne voyait qu’un seul quartier, c’était la «Speranța circului salvatore», autrement dit l’Espérance du cirque qui sauve."

 

Branko le Hongrois vient juste de mourir, tué à l’arme blanche. Il se retrouve dans une sorte d’entre deux mondes, pas encore complètement parti mais capable de voir et d’entendre ce qu’il se passe autour de sa dépouille.


Il se remémore alors ce qui l’a amené à vivre ici, dans un campement de Roms à la périphérie  d’une grande ville occidentale, on ne sait pas laquelle. Un jour il débarque avec un camion rempli de cartons au contenu intriguant : il s’agit des restes d’un cirque ! Il est tout de suite très mal accueilli par les adultes, en particulier par le chef du camp qui lui impose une condition pour rester dans le camp : il faut qu’il se débarrasse de ses cartons encombrants. Mais cela lui est impossible, alors il demande aux enfants de les cacher pour lui dans un entrepôt insalubre. Les enfants sont tout de suite attirés par cet étranger et sont curieux de découvrir comment et pourquoi un cirque peut terminer dans des cartons. En échange de leur complicité, Branko leur raconte peu à peu son histoire, celle du cirque « Kék Cirkusz », le cirque de son grand-père, la déportation des Roms pendant la Seconde Guerre Mondiale, le poids du passé, la vengeance. Ce récit oscille entre le présent et le passé, et peu à peu on reconstitue le puzzle de sa vie.


Ce roman nous met face à la manière dont les Roms sont mis au banc de la société, tous pays confondus. On y voit l’insalubrité, le froid, la misère, la drogue, la violence, l’illégalité, l’indifférence des autres.  Et pourtant ce récit est un conte, car ce cirque mis en boîte apporte une lueur d’espoir à ces enfants désabusés.

 

L'auteur incorpore dans son récit des mots issus de plusieurs langues différentes (Roumain, Hongrois, Espagnol...) sans traduction car c'est selon elle comme cela que ça se passe en réalité. Elle sait de quoi elle parle, elle qui a travaillé sur le terrain avec des Roms. Pour plus d'information, son interview ici.


Ce roman a attiré mon attention par son sujet, mais il manque un je ne sais quoi pour que ce soit un coup de coeur. 


Lu dans le cadre du Prix des lecteur du Télégramme.

 

 


Le cirque chaviré - Milena Magnani

Liana Levi, 199 pages, 2009

ISBN: 978-2867465055

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sylire 12/06/2010 21:26


Pas réellement un coup de coeur non plus, mais une lecture que j'ai beaucoup appréciée néanmoins.


Mona 16/06/2010 22:04



On a ressenti la même chose sur ce livre alors.



Librivore 12/06/2010 12:48


Ce n'est pas la première fois que j'entends parler de cette Milena-là (cf Milena Agus) mais je n'ai jamais rien lu d'elle.


Mona 16/06/2010 22:03



Oui je pense que Milena Agus est plus connue qu'elle ! Mais je ne sais pas si elle a écrit d'autres romans, et s'ils ont été traduits en français.