Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini

Publié le par Mona

 

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini

 

 

(Traduit de l’américain par Valérie Bourgeois)

 

A Kaboul, dans les années 70, Amir et Hassan grandissent ensemble dans un Afghanistan où il fait bon vivre, empli de senteurs exotiques et dont le ciel est coloré par ses cerfs-volants. Amir est le fils d’un riche marchand Patchoun respecté de tous, et Hassan est le fils de son serviteur chiite ou « Hazara ». De part leur différence de naissance, Amir jouit d’une éducation à l’école tandis qu’Hassan reste analphabète et doit respect et obéissance à Amir. Ils sont toutefois inséparables et la loyauté d’Hassan envers Amir est sans faille. Jusqu’au au jour où Amir commet une lâcheté impardonnable…

Trois décennies plus tard, Amir est réfugié aux Etats-Unis quand il reçoit un appel du Pakistan. Cette voix mystérieuse lui dit « Il existe un moyen de te racheter ». Cela  plongera Amir dans un Afghanistan  qu’il ne reconnait plus, désormais sous le joug des Talibans. Mais surtout cela l’obligera à repenser à ce fameux jour qui a tout fait basculer…

Comment dire…ce livre est absolument bouleversant. Un gros coup de cœur. C’est une histoire de remord, de rédemption, d’amour filial, et en même temps une plongée en enfer, dans un pays complètement désemparé, en proie au fanatisme le plus obscur. La dernière partie du livre est encore plus poignante. C’est magnifique. Attention prévoir les mouchoirs !

 

Extraits :

 

"Baba et lui (ndlr : le père d’Amir et le père d’Hassan) grandirent ensemble et devinrent des compagnons de jeux – du moins jusqu’à ce que la polio rendit le second infirme -, tout comme Hassan et moi une génération plus tard. Mon père nous racontait souvent les tours pendables auxquels tous deux s’étaient livrés, à quoi Ali rétorquait en secouant la tête : « Mais, agha sahib, dites-leur alors qui en était l’instigateur et qui en était le pauvre exécutant. » Baba riait alors et le serrait contre lui.

Dans aucune de ses histoires cependant il ne qualifiait son serviteur d’ami.

Et curieusement, je n’ai jamais pensé non plus qu’Hassan ait été le mien. Tout du moins pas au sens où l’on entend ce mot d’ordinaire. Peu importait que chacun de nous se soit entraîné sous la houlette de l’autre à pédaler à vélo sans tenir le guidon, ou que nous ayons fabriqué ensemble un appareil photo entièrement fonctionnel à partir d’une boîte en carton. Peu importait que nous ayons fait voler des cerfs-volants durant des hivers entiers. Peu importait qu’à mes yeux l’Afghanistan eût l’apparence d’un garçon à l’ossature délicate, au crâne rasé et aux oreilles basses, un garçon au visage de poupée chinoise déformé par un bec-de-lièvre, mais continuellement éclairé d’un sourire.

Tout cela ne comptait pas. Parce que l’histoire ne s’efface pas facilement. De même que la religion. Au final, je restais un Patchoun et lui un Hazara. Personne n’y pouvait rien changer. Personne.

Nous n’en étions pas moins des garçons qui avaient appris à marcher ensemble, et cela, l’histoire, les ethnies, la société et la religion n’y changeraient rien non plus."

 

"Jadeh-Maywand s’était métamorphosé en gigantesque château de sable. Les immeubles qui ne s’étaient pas complètement effondrés avaient été éventrés par les obus. Des blocs entiers avaient été réduits à l’état de gravats. J’aperçus un panneau criblé de balles à demi enfoui sous un tas de débris, à l’angle de deux rues. On y lisait encore « Buvez Coca-Co… ». Des gamins jouaient dans les ruines d’un bâtiment dépourvu de fenêtres, au milieu de briques et de cailloux ; des vélos et des charrettes se faufilaient entre les chiens errants et les décombres. Un brouillard de poussière flottait sur la ville et, de l’autre côté de la rivière, une légère fumée s’élevait vers le ciel.

Que sont devenus les arbres ?

Les habitants les ont coupés pour se chauffer en hiver. Et le Shorawi en a abattu beaucoup.

Pourquoi ?

Des snipers s’y cachaient.

La tristesse s’empara de moi. Revenir à Kaboul me procurait la même sensation que lorsqu’on rencontre par hasard un vieil ami perdu de vue et qu’on le découvre sans abri, démuni et durement éprouvé par la vie."

 


 
Les cerfs-volants de Kaboul / Khaled Hosseini

Belfond, Collection 10/18 domaine étranger, 405 pages, 2005.

ISBN : 978-2-264-04357-3

 

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Luna 23/11/2011 11:25

Une histoire comme celles que j'aimerais croiser plus souvent le chemin...

Terrible mais magnifique et super bien écrite :)

Ça ne sera certainement pas mon dernier Hosseini !

La librivore 22/04/2010 16:08


J'ai adoré ce livre. Nous partageons beaucoup de lectures communes. Ton blog de lectrice est un petit bijou : les meilleurs noms s'y côtoient. Je te souhaite la bienvenue dans la communauté
"Litterature au féminin".


Mona 22/04/2010 22:17



@ La librivore: Merci beaucoup pour tes compliments, je suis très touchée ! Ce blog est sans prétentions pourtant. Je suis ravie de faire partie de ta communauté, merci pour l'invitation !



Mille Et Un Livres 10/02/2010 23:25


J'ai aussi beaucoup aimé son second roman : "Mille soleils splendides". Le destin de ces femmes est bouleversant.


Mona 14/02/2010 23:23


Merci d'être passé sur mon blog !
Je n'ai pas encore lu "Mille soleils splendides", mais il est sur ma pal !