Présentation

Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 21:17

 

Au-rebond---J.P.-Blondel.jpg

 

Alex et Christian sont deux potes unis par la passion du basket-ball. Pourtant ils sont issus de milieux complètement différents : Christian vient d’un milieu aisé, et obtient tout ce qu’il veut de ses parents. Alex vit  chichement avec sa mère, dans un petit appartement dans un quartier populaire. Ils s’apprécient mais ne se connaissent pas très bien.


Puis viennent les vacances, et le retour au collège. Sauf pour Christian, qui reste inexplicablement absent. Il ne répond pas aux messages d’Alex. Celui-ci pense que Christian est encore parti en vacances à l’autre bout du monde, sur le temps scolaire, comme cela arrive régulièrement. Pourtant son entraîneur de basket-ball pense l’avoir aperçu dans un supermarché du coin. Qu’en est-il exactement ?


Intrigué, Alex décide d’aller rendre visite à son ami chez lui, pour la première fois, histoire de voir si tout va bien. Il trouve un Christian désemparé, en proie à une crise familiale qui bouleverse sa vie. Alex décide alors de venir au secours de son ami, avec l’aide de sa mère.


Ce petit roman jeunesse se lit d’une traite. Le récit est fluide, happant. C’est une ode à l’amitié, à l’entraide. Les personnages ont leurs fêlures, ce qui les rend attachants et crédibles. J’ai beaucoup aimé. A découvrir !


Extrait :


« D’abord, il y a le souffle. Le souffle et les battements du cœur dans les oreilles. Le bruit sourd et répétitif, la ligne basse d’un morceau de rock, un rythme lancinant. Et puis le souffle, oui. Juste le souffle. Détaché. Couvrant les autres sons. Couvrant le son mat de la balle qui rebondit sur le parquet. Même celui des baskets qui crissent au gré des déplacements des joueurs. Celui des appels mi-angoissés, mi-énervés de mes coéquipiers et de l’entraîneur, sur le banc, au bord du terrain. Je n’entends que mon souffle. Je ne ressens que la balle. Elle va et vient. Elle passe de ma main au sol, elle heurte le parquet et puis revient me caresser la paume. C’est un mouvement qui m’hypnotise. C’est un mouvement qui me berce. Je sens aussi les gouttes de sueur dans mon dos et sur mes tempes. Je déteste être en sueur. La seule exception, c’est ici, dans le gymnase, le mercredi et le samedi après-midi, lors des matchs de basket. Le souffle, le bruit de la balle, le cœur qui tambourine, je cherche des yeux mes partenaires. Je suis comme hors de moi. Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer. C’est comme si je me détachais de mon corps et que j’intégrais un autre espace. Je ne souffre pas de douleurs dans les jambes, ni de celles qui devraient me vriller les épaules après le choc de tout à l’heure. Je suis là, les deux pieds arrimés au sol et le corps pourtant presque aérien, je maîtrise la balle, le temps et l’espace, et les autres patientent, ils attendent de savoir qui sera choisi. »

(p.7-8)


Autre roman déjà lu du même auteur : Blog



Au rebond – Jean-Philippe Blondel

Actes Sud Junior, 2009, 100 p.

ISBN: 978-2742779697

Par Mona - Publié dans : Littérature jeunesse
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 22:48

 

Je-marchais-malgre-moi-dans-les-pas-du-diable---Dorothee-.jpg


« Je m’appelais François Cellier.

Aujourd’hui, mon nom est Frantz Weinkeller.

Je devrais même dire : « Ich bin Frantz Weinkeller. »


Ce roman traite des « Malgré nous », ces jeunes alsaciens qui furent enrôlés de force dans l’armée hitlérienne pour se battre contre leurs compatriotes français.


François Cellier a 15 ans. Il vit à Strasbourg, avec ses parents et son frère Jean âgé de 18 ans. Sa vie est rythmée entre les journées à la boulangerie familiale et ses escapades avec son ami Charles.


En 1939, il apprend l’invasion de la Pologne par l’armée nazie. Par mesure de précaution, le gouvernement français impose l’évacuation des habitants des Alsaciens vers Périgueux. Commence alors un étrange périple, auquel personne n’était préparé, ni du côté des réfugiés, ni du côté des accueillants. François et sa famille se retrouvent hébergés sommairement dans une région qu’ils ne connaissent pas, loin de leur ville chérie, loin de leur patois local. Ils commencent à compter les jours, les semaines puis les mois avant la libération de leur région.


Puis un jour la France capitule, l’Allemagne envahit la France. L’Alsace et la Lorraine sont annexées au Reich, devenant des provinces allemandes et non plus françaises. Les Alsaciens sont sommés de revenir chez eux, un chez eux qui ne l’est plus vraiment, mais est-ce pire que l’hébergement temporaire qu’ils subissent dans le Sud de la France ? La plupart décident de rentrer, dont la famille de François.


Au retour, c’est le choc. Strasbourg n’est plus la ville que François connaissait. Elle est « décorée » de drapeaux nazis d’un rouge vif criant, la tension est forte, la peur est constante. Tout ce qui rappelle de près ou de loin à la culture française est occulté, effacé, transformé. Ainsi les noms de famille trop français sont transformés. Les jeunes comme François subissent l’embrigadement dans les Jeunesse hitlériennes, sous peine de répression. Au terme de leur formation ils devront intégrer l’armée allemande, se battre contre leurs compatriotes français. Ceux qui ne se plient pas à ces règles sont sévèrement punis, ainsi que leurs familles.


François doit alors faire un choix crucial : doit-il tenter de s’échapper pour rejoindre les combattants de la Résistance et ainsi se battre pour les causes qui sont les siennes, en mettant en danger ses parents ? Ou doit-il se faire passer pour un parfait petit soldat nazi, afin de protéger ses parents des représailles ?


Ce choix a été celui de milliers de jeunes alsaciens, estimés à 130 000. Ils ont dû non seulement se battre contre leurs compatriotes, pour des idées qui n’étaient pas les leurs, mais à leur retour en Alsace la plupart ont subi l’hostilité de leurs compatriotes les accusant de complaisance envers le régime Nazi.

Ce roman, très documenté, est très intéressant. Il traite d’un sujet qui n’est pas très connu, du point de vue d’un de ces « malgré nous ». On essaie de se mettre dans la peau d’un de ces jeunes, on comprend le dilemme qu’ils ont dû subir. Ce roman est adapté à un lectorat adolescent et adulte bien sûr. A faire circuler le plus largement possible !


Un grand merci à Emmyne pour ce livre voyageur très enrichissant :)

 


Je marchais malgré moi dans les pas du diable – Dorothée Piatek

Editions Petit à Petit, 2006, 176 p.

ISBN: 978-2-84949-016-17

Par Mona - Publié dans : Littérature jeunesse
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 21:32

 

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Rien de tel que de bonnes vacances pour recharger les batteries...et pour tenter d' écouler sa PAL !

 

Billets à venir:

- Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants - Mathias Enard

- Au rebond - Jean-Philippe Blondel

- Je marchais malgré moi dans les pas du diable - Dorothée Piatek

- Nagasaki - Eric Faye

- Sukkwan Island - David Vann

- Moi - Sabina Berman

 

En attendant, une petite citation pour reprendre le rythme de la rentrée en douceur:

« Les hommes me surprennent vraiment, parce qu'ils perdent la santé pour
accumuler de l'argent; ensuite ils perdent de l'argent pour retrouver la
santé. Et à penser anxieusement au futur, ils en oublient le présent de
telle sorte qu'ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur. Ils
vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir...et meurent comme s'ils
n'avaient jamais vécu. »
Dalaï-Lama

 


Alors à très bientôt...


Par Mona - Publié dans : Blabla
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 09:19

 

 bonnes_vacances_dans_le_sable_j_1.jpg

 

Comme vous l'avez sans doute constaté, je n'ai pas posté depuis 2 mois, ce blog est passé en arrière-plan ces derniers temps. En cause: le boulot, la vie de maman, et aussi les belles journées ensoleillées dont on profite bien tant elles sont fugaces !

 

Je prends donc une pause et je reviens sur ce blog à la rentrée. Parce que le rythme de lecture, lui, n'a pas changé, et j'ai beaucoup de billets en retard !


D'ici là je souhaite bonnes vacances pour ceux qui en prennent, bon courage pour les autres, et surtout bonnes lectures !


Par Mona - Publié dans : Blabla
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 21:47

 

B.a.-ba--la-vie-sans-savoir-lire---Bertrand-Guillo-copie-1.jpg


L’auteur retrace ici son expérience personnelle : un jour il a décidé de donner son temps bénévolement pour une noble cause, celle d’apprendre à lire et à écrire à des adultes. Il a commençé comme ça, sur un coup de tête, et puis il est devenu accro. Il raconte sa plongée dans le grand bain, quand au bout de 10 minutes il s’est retrouvé seul, sans préparation, devant un groupe avide d'apprendre. Il raconte ses tâtonnements, les premières victoires de ses élèves, les désillusions aussi.


Car ce n'est pas si simple pour des adultes d'apprendre à lire, surtout quand leur langue d'origine a des sonorités très différentes du français. Il a tenté l’apprentissage par le b.a-ba, puis la méthode globale, celle qui est préconisée par le « Grand pédagogue ». Mais il a vite découvert la méthode idéale n'existait pas, qu'il fallait s’adapter au cas par cas.


La frontière est ténue entre la vie de ses élèves et leurs difficultés quotidiennes,  intimement liées à leur désir de lire.  On ne s'en rend même plus compte mais on lit tout le temps: des indications routières, de la publicité, des informations, des horaires de bus... Comme la vie est difficile et contraignante lorsqu'il faut apprendre par coeur son parcours pour aller au travail ou chez le médecin, lorsqu'il faut toujours demander à autrui  de lire son courrier, quand on ne sait pas ce que l'on signe ! Lire est vital pour être autonome, pour s'épanouir dans une société.


 L'auteur raconte comment il s'est retrouvé confronté à la dure réalité de la vie de ses élèves, loin de la sienne, bien confortable. Il a brièvement été tenté d'abandonner, mais il  a décidé de continuer le chemin fastidieux de la lecture avec Nabil, Cheikhou, Ladi, Ibrahima, Philomène et les autres. Ce livre est un témoignage empreint d'humanité, de générosité, d'optimisme.  A découvrir !


Un grand merci à Mathilde des Editions Rue Fromentin pour ce livre voyageur.


Extrait :


« On ne les remarque jamais. Souvent ils sont en sous-sol : ils voudraient qu’on leur confirme qu’ils sont dans la bonne direction, puis en silence comptent le nombre de stations jusqu’à leur destination. Ou alors au coin d’une rue, un papier à la main, ils demandent où se trouve le centre de Sécurité Sociale, le bureau de poste ou la caisse d’allocations familiales. Parfois ils n’ont qu’une adresse. Un œil discret sur leur papier et on comprend où ils veulent aller, alors on explique : non ce n’est pas ici, c’est dans l’autre sens mais ce n’est pas loin – prenez la première à gauche, puis la deuxième à droite, ensuite…

Mais déjà ils n’écoutent plus. Ils ont retenu la première information, pour le reste c’est trop compliqué.

« Ca va aller ? » on demande.

« Oui oui, merci », disent-ils en s’enfuyant. On voit bien pourtant qu’ils n’ont rien compris, qu’ils redemanderont au prochain croisement. On pourrait insister, on ne le fait pas. Ce n’est qu’après coup qu’on pense que peut-être…

On ne les remarque jamais et ils sont des millions. »

(p.13)


 


B.a.-ba, la vie sans savoir lire - Bertrand Guillot

Editions Rue Fromentin, 2010, 218 p.

ISBN: 978-2-9533538-2-2

 

Par Mona - Publié dans : Littérature française
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